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La vénération des reliques à Saint-Sulpice

La vénération des reliques à Saint-Sulpice

Dimanche dernier , pour notre fête patronale, nous avions déposé devant le maître-autel les reliques de saint Sulpice. Mercredi dernier, avec les orthodoxes, nous avons vénéré les reliques de notre paroisse. Quel est le sens de cette dévotion ?

L’exemplarité de certains chrétiens, leur bonté, leur rayonnement qui dépasse le cadre de leur simple réseau de relations et la proximité perceptible de leur vie avec Dieu leur ont valu, parfois de leur vivant, mais davantage après leur mort, une réputation de sainteté qui attirait les foules désireuses, par la vue, le contact ou la prière, de se sentir portées par une communion spirituelle avec cette personne.

Lorsque la personne est décédée, ce qui reste d’elle, ses reliques (du latin “reliquiae”, les “restes”), permet de maintenir de manière visible le signe de sa présence, et aide à conserver la communion spirituelle à travers le temps, de manière plus proche que ne le permettraient une peinture ou une statue.

Le christianisme (à l’exception du protestantisme depuis la réforme), comme d’autres traditions religieuses (le bouddhisme, le chiisme…) a toujours accordé une place importante aux reliques des personnes considérées comme saintes, soulignant ainsi l’importance du corps, marqué à la fois par la venue du Verbe dans la chair (Jn 1,14) et sa fonction de “Temple de l’Esprit” (1 Co 6, 19).

Ainsi, les chrétiens dans les catacombes avaient-ils pris l’habitude de célébrer la messe sur la tombe même des martyrs, manifestant le lien entre le sacrifice du Christ et celui du martyr.

Aujourd’hui encore, les autels des églises catholiques comportent toujours la relique d’un saint. On se souvient des reliques de cinq saints, dont l’histoire est liée à l’Église de Paris, qui ont été scellées dans le nouvel autel de Notre-Dame de Paris, lorsqu’il a été consacré en 2024 : sainte Marie-Eugénie Milleret, sainte Madeleine-Sophie Barat, sainte Catherine Labouré, saint Charles de Foucauld et le bienheureux Vladimir Ghika.

La présence d’une relique facilite la communion spirituelle : elle permet de réaliser que l’Église comporte non seulement les vivants, mais tous ceux qui sont actuellement auprès du Seigneur ; elle aide à rendre grâce à Dieu et aux saints pour l’œuvre salutaire qu’ils ont accomplie par leur vie ; elle permet de se laisser toucher et convertir par la grâce de la communion avec la personne et elle invite à confier aux saints nos prières pour qu’ils intercèdent en notre faveur auprès du Père.

Pour les orthodoxes, la vénération des reliques est un canal habituel de la grâce, qui se transmet par contact entre le saint (vivant ou mort) et le fidèle. La vénération des reliques consiste donc à embrasser le reliquaire, ou à le toucher, emportant ainsi avec soi la bénédiction dont le saint est porteur.

La vénération des reliques ne doit jamais devenir un instrument de pouvoir spirituel ou financier, c’est simplement une aide qui nous est proposée pour mieux découvrir la proximité des saints et la dimension eschatologique de l’Église. Nous avons la chance d’avoir de nombreuses reliques à Saint-Sulpice. Certaines sont exposées en perma­nence comme la relique de sainte Faustine, d’autres le sont lors d’occasions spéciales, comme c’était le cas dimanche et mercredi derniers, n’hésitons pas à nous y arrêter.

Henri de La Hougue