en collaboration avec "un petit bagage d'amour"

Olier et la paroisse Saint Sulpice

Olier et la paroisse saint-Sulpice

Saint-Sulpice au 17e siècle était la paroisse de l’Abbaye Saint-Germain-des-Prés ; alors un faubourg, une banlieue en dehors des remparts de Paris, où se réfugiaient les plus pauvres, les déracinés, avec leur cortège de violence et d’ignorance – voisinant avec quelques familles aristocratiques, proches du palais du Luxembourg. De cet immense champ de mission (il correspond à 7 paroisses actuelles d’après la Révolution), méprisé, pauvre, dit irréformable malgré les efforts des curés précédents, Olier devient en 1642, le « pasteur ». Le voici lié à ses paroissiens, pour eux.

Au cœur du grand élan de renouveau de l’Église de France au 17e siècle, Olier et les compagnons qui l’ont suivi construisent au milieu de nombreux obstacles un nouveau type de paroisse. Avec un point de départ, une source : les prêtres de la paroisse vivront en communauté, mettant leurs revenus en commun, vivant pauvrement, priant et travaillant ensemble au service de tous. Ce changement radical se heurte au refus des anciens, mais attirera vite des candidats.

Les besoins de la paroisse sont infinis. Grand organisateur, Olier

  • Divise le territoire en 8 quartiers avec des prêtres responsables, de manière à connaître les habitants même les plus éloignés, les visiter.
  • Pare au besoin le plus essentiel : les instruire de la foi. On établit 14 catéchismes, pour les enfants, pour les artisans, les serviteurs, les personnes âgées… avec l’aide du Séminaire.
  • L’autre priorité est le service des pauvres, des malades. On organise des distributions de pain, de soupes, on distribue aumônes, conseil juridiques…
  • On crée des écoles, notamment pour les petites filles pauvres, en sorte de leur apprendre un métier, leur éviter la misère.
  • Et une librairie à la porte de l’église, là où pullulaient les recettes de sorcellerie.
  • Pour ces activités et bien d’autres, se créent des confréries, ou associations – pour le service des malades, les quêtes et distributions, le soutien des artisans et des marchands, pour éviter les duels si fréquents entre gentilshommes ; pour assurer l’adoration du Saint-Sacrement…

C’est qu’au cœur de ces missions, il y a la prière. Et d’abord l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Olier met tout son soin au renouveau de la liturgie, à de belles cérémonies malgré la pauvreté et l’étroitesse de l’ancienne église… Une Eucharistie prolongée par l’adoration jour et nuit.

Mais il faut reconstruire cette église bien trop petite et sombre. Les fonds manquent. Olier encourage la Fabrique paroissiale à se lancer, et veille aux plans de la nouvelle église. Il verra au moins les premiers murs s’élever.

Un rayonnement, une fécondité pour toute l’Église

Sous Olier déjà, après des oppositions, cette forme de paroisse attire des prêtres, influence des curés de Paris. Les fondations de Séminaires en province commencent souvent par la tenue d’une paroisse…

Olier avait pour horizon non sa seule paroisse ou son séminaire, mais le renouveau de
l’Église, mais le monde entier à qui annoncer le don de Dieu. Saint-Sulpice sera durant des siècles un modèle de vie paroissiale. Saurons-nous, dans les circonstances d’aujourd’hui, à la lumière d’Olier, inventer, écouter ce que l’Esprit dit aux Églises ?

« J’ai épousé l’Église de Saint-Sulpice »
« Me donner à manger à l’Église »

Jean-Jacques Olier