27 Fév Le Carême pendant les vacances
3 jours après le mercredi des cendres, ce sont déjà les vacances ! Je ne sais pas si vous avez eu le temps de prendre vos résolutions, mais il faut avouer que les résolutions de carême durant une semaine au ski, avec les amis ou avec les petits-enfants à la campagne, ce n’est pas toujours facile à mettre en œuvre !
On a bien envie de profiter de ces vacances pour se reposer, pour se faire plaisir en famille ou entre amis, pour trouver le temps de faire la cuisine et des bons petits plats, pour gâter un peu les petits-enfants que l’on n’a pas si souvent l’occasion d’avoir à la maison… On n’a pas spécialement envie de penser à l’ascèse du carême… et je pense qu’on a bien raison !
Les vacances sont faites pour se reposer et pour se régénérer et je ne pense pas que cela déplaise à Dieu.
Alors comment allier l’air des vacances et l’esprit du carême ?
Le carême n’est pas tant un exercice d’ascèse qu’un temps de conversion à Dieu, maître de la vie. L’ascèse n’est qu’un moyen pour y parvenir, en nous aidant à ne pas nous installer dans un confort qui nous renfermerait sur nous-même. Mais si les vacances nous permettent déjà de sortir de la vie ordinaire, inutile d’en rajouter. Saisissons-en l’occasion pour profiter de la vie, la vie en plénitude, comme nous le découvrons dans notre parcours de carême : une vie où on profite pleinement de la relation avec Dieu, avec les autres, avec soi-même et avec la nature.
C’est donc de manière positive que nous pouvons orienter nos vacances en carême : profiter de ce temps pour contempler la nature qui nous est offerte si nous avons la chance d’être à la mer, à la montagne ou à la campagne ; profiter des temps entre amis ou en famille pour avoir des discussions de fond sur les thèmes que nous n’avons pas forcément le temps ou le loisir d’aborder dans le rythme habituel de nos journées ; profiter des balades pour admirer les beaux paysages, entrer dans des églises et y faire une prière ; profiter du feu devant la cheminée pour lire un livre qui ouvre notre esprit à de nouvelles réalités, pour faire grandir la complicité entre nous grâce à un jeu de société, pour s’occuper avec joie des petits-enfants pour laisser leurs parents souffler un peu… tout cela est bon et ne peut qu’aller dans le sens du carême.
Évidemment, si nous constatons dès les premiers jours de vacances, que nous restons prisonniers des écrans de nos smartphones ou des séries Netflix, il y a immédiatement un vrai combat à mener pour retrouver la liberté de vivre de manière constructive : sortir de nos enfermements et nous ouvrir aux relations positives qui nous font grandir.
Quant à la prière, elle peut être spécialement adaptée aux vacances : nourrie de plus de contemplation, de réflexions sur nos rencontres quotidiennes, sur nos lectures. Si le service de la maison familiale ou le rythme de la semaine passée entre amis ne nous permet pas de tenir notre temps habituel de prière, il suffit de bien l’anticiper, pour voir avec le Seigneur comment il souhaite que nous vivions avec lui ce temps de vacances. Alors, sans culpabiliser, nous trouverons le moyen de maintenir vivante la relation avec lui et c’est bien cela qu’il attend de nous.
Nous serons alors en pleine forme pour reprendre le rythme “ordinaire” de notre carême après les vacances.
Henri de La Hougue