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La vie révélée

La vie révélée

Nous poursuivons ici la présentation de notre parcours de carême “Oui, la vie est bonne !” à partir de trois Pères de l’Église : Tertullien, saint Irénée et saint Augustin.

Après avoir médité sur la “vie donnée dans la création”, sur la “vie blessée par le péché”, nous approfondissons cette semaine la “vie révélée.

Inspirés par l’évangile de saint Jean, saint Irénée et saint Augustin présentent la vie, non seulement comme un don de Dieu, mais comme une participation à la vie même de Dieu: Dieu ne cesse de renouveler la vie en nous et, par son Esprit-Saint, s’y rend présent. “Moi je suis venu pour que mes brebis aient la Vie, qu’elles l’aient en surabondance” dit saint Jean (Jn 10,10).

Saint Irénée fait le lien entre le don de la vie dans la création et la manifestation du Père en Jésus-Christ. Jésus révèle et manifeste le Père de manière continuelle à tous ceux qui l’accueillent.

Commentant la guérison de l’aveugle-né (Jn 9), Irénée montre la continuité entre la création originelle de l’humain avec la terre (Gn 2,7) et la recréation opérée par Jésus qui dispose la boue qu’il a faite à partir de la terre et de sa propre salive, sur les yeux de l’aveugle. Celui-ci s’en trouve guéri. Sa cécité n’était pas causée par son péché, mais elle était le signe de ce péché qui obscurcit les cœurs et mène ultimement à la mort. Jésus, en le guérissant, lui redonne la vie en plénitude. 

La même main, qui nous a modelés à l’origine, vient nous rechercher quand nous sommes égarés par nos péchés et nous réintégrer avec joie dans le “troupeau de vie”.

Combattant les manichéens pour lesquels il y a deux âmes de nature opposée : une bonne qui est de la substance de Dieu et une mauvaise dans laquelle Dieu est totalement absent, saint Augustin affirme qu’il n’y a qu’une seule âme, destinée à entrer pleinement dans l’unique vie, rattachée à Dieu lui-même, source et principe même de la vie.

Si les âmes existent, c’est précisément parce qu’elles sont animées et qu’elles ont été créées et produites par le Christ qui est la vie (Jn 14,6).

Commentant Jn 5, 25-26 : “Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même”, Augustin insiste sur le “maintenant” : le Christ qui est la vie, donne la vie en ce moment, et de manière continue, à ceux qui se lèvent pour le suivre. L’âme, qui éprouve de la joie quand le corps est apaisé et de la tristesse quand le corps est blessé, peut

donc trouver son bonheur dans la participation à la Vie, qui est Dieu lui-même.

C’est pourquoi Jésus l’affirme : “celui qui croit en moi possède la vie éternelle (Jn 6,47). Certes nous sommes toujours confrontés à la mort, mais cette mort est assumée par le Christ, qui est la Vie. Posséder la vie éternelle, c’est en quelque sorte posséder le Christ, c’est-à-dire vivre de la vie même du Christ. “Pour moi, vivre c’est le Christ !” dit saint Paul (Ph 1,21).

Quelques questions pour nous aider à approfondir ce thème :

  • Comment la seule expérience d’être en vie permet-elle de dépasser l’idée que nous ne serions que matière et déterminisme biologique ?
  • Pourquoi Jésus identifie-t-il la foi à la vie (“celui qui croit en moi a la vie éternelle”) et même à sa propre personne (“je suis le chemin, la vérité

et la vie”) ?

  • Comment la participation à la vie de Dieu est-elle déjà possible en nos vies ?
  • Avons-nous fait l’expérience que cette participation à la vie de Dieu nous rend heureux ?


Henri de La Hougue

Le Berger et son troupeau dans un paysage boisé, Peter Paul Rubens (1577-1640), huile sur chêne, National Gallery, Londres (NG2924)