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La Vie transfigurée

La Vie transfigurée

En cette octave pascale nous terminons notre parcours de carême intitulé “La vie est bonne”. Après la “vie donnée” (la vie comme création continue), la “vie blessée(l’expérience du mal et du péché), la “vie révélée (Dieu qui vit en nous), la “vie renouvelée” (la manière dont l’Eucharistie vient renouveler en nous la vie de Dieu) nous arrivons, en cette octave de Pâques, à la “vie transfigurée par la résurrection du Christ, avec ces questions fondamentales : “Qu’est-ce que la résurrection du Christ vient changer dans notre vie ?” “Que signifie ressusciter avec le Christ ?” “Que signifie la “résurrection de la chair ?”

La grosse difficulté à laquelle ont été confrontés les pères de l’Église et qui demeure sous d’autres formes aujourd’hui, c’est la foi en la résurrection de la chair. Car après-tout, l’immortalité de l’âme est beaucoup plus facile à saisir, dans la mesure où l’âme ne se voit pas et que sa transcendance, à partir du moment où nous croyons à l’existence d’une âme, n’est pas difficile à percevoir. Nous concevons intellectuellement plus facilement qu’elle puisse survivre à notre vie terrestre.

Mais pourrions-nous alors parler de résurrection, si tous les liens terrestres qui nous définissent disparaissaient avec la mort ? Ne faut-il pas croire, en opposition avec ce qu’affirmaient les mouvements gnostiques des premiers siècles, que Dieu puisse se manifester dès la création dans notre chair, et par conséquent que ce corps qui accueille déjà Dieu, puisse ressusciter grâce à lui ?

Saint Irénée, Tertullien et saint Augustin insistent, de ce fait, sur la nécessité de voir la vie humaine comme déjà porteuse de la vie divine, depuis la création de l’homme à l’image de Dieu et combien plus après la résurrection du Christ par le don de l’Esprit Saint.

Si le Verbe s’est fait chair, s’il a pris corps, c’est justement pour sauver tout l’être humain et pas seulement une âme qui, détachée de son enveloppe corporelle, serait libérée et rejoindrait un être suprême. 

“Si la lumière même de Dieu, la vérité qui, en la personne du Christ, est porteuse de vie, si cette vie est, avec la lumière, confiée à la chair, se peut-il que soit vouée à la perdition cette chair qui a reçu la vie ?” demande Tertullien. Non ! dit-il, car Jésus Christ, médiateur très sûr entre Dieu et les hommes, “rendra Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, l’esprit à la chair et la chair à l’esprit”.

Mais comment comprendre cette résurrection de la chair ?

  • Nous pouvons déjà en faire une certaine expérience, nous dit saint Augustin dans notre vie ici-bas, grâce à la présence du Christ qui est pour nous le chemin, lorsque nous cherchons le sens de notre vie, qui est pour nous la vérité, lorsque nous cherchons à combattre des erreurs, et qui est pour nous la vie, lorsque nous cherchons à échapper à nos enfermements mortifères.
  • Si nous avons l’habitude dans notre vie de chaque jour d’honorer notre chair, grâce à notre Esprit, faisant d’elle, dès à présent le temple de l’Esprit, si nous avons appris à l’aimer comme lieu où se manifeste dès à présent la grâce de Dieu, alors, nous ne pouvons pas imaginer qu’elle ne survive pas à la vie terrestre. Nous ressusciterons avec le Christ avec cette chair qui l’a accueilli depuis la création et qui a été déjà renouvelée dans le baptême.
  • A la résurrection des corps, dit Tertullien, nos corps ne seront pas “détruits” mais “transformés”, de la même manière que lors de la transfiguration, le Christ est apparu transformé avec son corps glorieux, tout en restant le même Christ. Saint Paul l’affirme : “il transformera notre corps dans sa bassesse pour le rendre semblable à son corps glorieux” (Ph 3, 21). Nos corps seront transformés, c’est-à-dire différents dans leur forme, mais en continuité avec ce que nous sommes ici-bas.
  • Enfin, dit Tertullien, l’expérience de la communion eucharistique, comme expérience d’union à Dieu est déjà une expérience de la résurrection de la chair. “Si tu puises à cette source, tu n’auras plus soif d’un autre enseignement, tu ne seras plus brûlé du tourment d’aucune autre question ; en t’abreuvant constamment à la résurrection de la chair, tu trouveras le rafraîchissement”.

Que cette fête de Pâques soit pour chacun d’entre nous l’occasion d’approfondir notre foi en la résurrection.

Henri de La Hougue