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Le Concile d’Ile de France sur les catéchumènes et les néophytes

Le Concile d’Ile de France sur les catéchumènes et les néophytes

Le week-end dernier, nous avons vécu la phase de lancement du Concile des diocèses d’Ile-de-France : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses » qui s’étendra de la Trinité 2026 jusqu’à l’été 2027.

Ces nombreux catéchumènes et confirmands (ils sont environ 150 dans notre paroisse cette année) sont un magnifique cadeau pour l’Église et la société. Mais comment les accueillir, faire en sorte qu’ils se sentent encouragés et trouvent une place dans la vie de notre Église et désire y être fidèle durant toute leur vie ?

C’est l’enjeu de ce futur concile qui nous concerne tous, non seulement parce que les catéchumènes et néophytes nous dynamisent dans notre propre foi et notre propre pratique, mais aussi parce que nous avons la mission de les porter dans la prière et de les accueillir pour qu’ils trouvent leur place dans la communauté.

Vous trouverez, à la suite de ces quelques lignes, la lettre de notre évêque qui présente les enjeux de ce concile.

Henri de La Hougue

Lettre de notre évêque

Chers frères et sœurs,


Récemment je vous adressai une lettre pastorale, “Un temps pour chercher”.

Parmi les sujets nouveaux qui montent et nous interrogent je relevai les demandes nombreuses de baptême, de confirmation et de première eucharistie par des adultes. Dans le monde matérialisé et consumériste, tant et tant de personnes ont le sentiment d’un “vide spirituel” – je cite textuelle­ment de nombreuses lettres reçues – d’une vie presque sans goût. Et voilà qu’elles font des expériences que l’on doit qualifier de spirituelles : la force d’une présence, la douceur d’un amour qui les attire et désormais remplit leur vie. Cela nous interroge et nous demande de nous arrêter. Cette demande spirituelle de nombreux adultes, parmi les plus jeunes mais aussi des moins jeunes intrigués par ce mouvement, est un événement qu’il faut regarder émerveillés, qu’il faut sonder ensemble. C’est ce que veut faire le concile provincial que nous, les évêques d’Ile-de-France, avons annoncé depuis quelques mois.

Moïse au désert aperçoit un buisson qui brûle sans se consumer, il en est étonné, il fait un détour pour observer et comprendre ce qui se passe. Et c’est le Seigneur qui se manifeste à lui, au cœur de ce buisson.

L’assemblée que nous allons réunir, de la fête de la Trinité 2026 (31 mai) à l’automne 2027, c’est ce détour, ce “pas de côté” comme on dit aujourd’hui. Et vous allez être sollicités aussi pour réfléchir à ce phénomène de vous approcher de ce buisson ardent. Vous allez pouvoir répondre, personnellement ou, de préférence, en groupe, à une enquête que nous, les évêques d’Ile-de-France, travaillons avec l’équipe interdiocésaine qui prépare cet événement.

Ce message que je vous adresse aujourd’hui est un appel qui nous prépare tous à chercher ensemble ce que nous avons à vivre, à travailler pour demeurer fidèles à Celui qui nous guide sur le chemin qui mène au Père et à son royaume de justice et de paix. Chercher notre chemin, suivre la lumière de l’Évangile, accueillir ce que Dieu nous demande.

Que le Seigneur nous trouve en cette disposition que décrivait il y a un peu plus de cent ans une jeune carmélite, aujourd’hui canonisée, sainte Élisabeth de la Trinité : « Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre Action créatrice ».

Paris, le 25 janvier 2025.
† Laurent ULRICH
Archevêque de Paris

La Prière du Concile

Dieu notre Père qui prends soin du monde que tu aimes
Et qui conduis l’Église à travers l’histoire,
Tu lui envoies sans cesse
Des hommes et des femmes par qui
Tu la renouvelles.

Tu nous inspires de réunir
Un concile provincial en Ile-de-France
Pour que d’un cœur unanime
Nous accueillons ceux que Tu as appelés
À suivre ton Fils :
Qu’ils trouvent leur place parmi nous !

Donne-nous ton Esprit Saint :
Qu’il mette en nous un souffle nouveau !

Par Jésus le Christ Notre Seigneur.

Amen

témoignages de néophytes

Salomé

Je m’appelle Salomé, baptisée et confirmée dans l’Église catholique en 2025. Mon chemin vers la foi est né d’un appel intérieur profond, d’une quête de vérité et d’un désir sincère de rencontrer le Christ.

Ce qui m’a attirée vers l’Église, c’est d’abord une rencontre avec l’art sacré dans l’enfance qui m’a conduite à découvrir l’Évangile. La liturgie a ensuite tenue une place centrale dans ce long cheminement et j’y ai trouvé cette présence vivante du Christ qui éclaire, apaise et met en vérité. J’y ai aussi découvert une communauté appelée à vivre l’Évangile concrètement, dans les relations humaines du quotidien.

La messe occupe une place centrale dans ma vie de foi. C’est un temps de silence, de présence et de rencontre réelle avec le Christ. Elle m’aide à me recentrer, à déposer ce que je porte et à me laisser transformer. Même lorsque je traverse des tempêtes, la messe demeure pour moi un lieu de fidélité et d’ancrage.

Tout a commencé par une homélie, entendue à un moment très précis de ma vie. Des paroles simples, mais profondément justes, reçues comme une réponse intérieure. Peu de temps après, une rencontre spontanée avec une jeune paroissienne lors d’un événement organisé par la paroisse m’a permis d’échanger avec Monsieur le Curé qui a entendu et confirmé cet appel, ce qui a ouvert concrètement le chemin du baptême. Sans ces deux moments, je ne serais probablement pas baptisée aujourd’hui.

L’accompagnement du catéchuménat a ensuite été important pour m’aider à avancer. L’expérience de la communauté, elle, demande parfois du temps et de la délicatesse. Pour un nouveau baptisé, l’attention, le respect et les gestes simples de bienveillance sont essentiels.

Pour la suite, je souhaite continuer à avancer humblement dans la foi, en restant fidèle à cet appel intérieur et en discernant aussi la manière dont le Seigneur m’appelle à Le servir, y compris la possibilité d’une vie consacrée.

J’encourage la communauté à accueillir avec douceur ceux qui arrivent : un regard ou une parole peuvent devenir un véritable point de départ, et prendre soin des personnes, c’est déjà vivre l’Évangile.

Anonyme

Vers l’âge de 22 ans, j’ai quitté la religion musulmane que mes parents m’avaient transmise pour me retrouver dans l’agnosticisme. Cela étant dit, cette période coïncidait avec celle du COVID. Je me suis alors mis à me poser des questions plus profondes, notamment sur la souffrance et la question de la morale.

En Jésus, j’ai trouvé un sens à cette souffrance et un exemple de bonté et de perfection morale que l’on peut fixer comme une boussole dans un monde rempli de tribulations. Puis, en faisant connaissance avec Jésus, je me suis interrogé sur le moyen le plus approprié d’approfondir cette relation avec Lui.

L’Église catholique, à travers sa beauté liturgique et sa continuité historique, érigée sur sa tradition depuis saint Pierre jusqu’au dernier pape, ainsi que les sacrements qu’elle offre comme nourriture spirituelle, m’a semblé être le meilleur moyen de parler à Jésus. J’ai donc décidé d’entamer la démarche du catéchuménat à Saint-Sulpice.

Ce que j’ai aimé pendant ce parcours, c’est le respect de ma liberté : ces deux ans de discernement et de préparation au baptême ont été pour moi le signe de cela. De plus, j’ai été accompagné par le père Pivot, paix à son âme, qui était un prêtre doté d’une grande sagesse et d’une grande humilité, et qui m’a accompagné tout au long de ce cheminement.

La deuxième chose qui m’a marqué en tant qu’ex-musulman, c’est qu’à Saint-Sulpice, je n’étais pas pointé du doigt comme « l’ex-musulman »… mais j’ai pu être « catholique comme tout le monde ! », comme dirait Louis de Funès, et cela a été pour moi un immense soulagement.

Ceci étant dit, l’Église est incarnée dans ses fidèles, et nous avons chacun nos différences. J’ai parfois pu être fatigué de me sentir séparé des autres culturellement, du fait que je n’ai pas baigné dans cette culture depuis mon enfance comme les autres. Mais comme l’a dit le père Raphaël dans l’une de ses homélies : « Saint-Sulpice, ce n’est pas le Club Med du 6ᵉ arrondissement », et Dieu merci, j’ai trouvé de bons amis qui comprenaient ma situation et qui m’ont accompagné dans l’amour et la bienveillance, notamment l’équipe des servants de messe que j’ai pu intégrer.

Aujourd’hui, après mon baptême, je fais face à de nouveaux combats spirituels, et il est préférable de ne pas les mener seul. Je pense qu’avec le travail des prêtres et des membres de la coloc de Saint-Sulpice, ainsi que de tous les paroissiens qui apportent leur touche à cet édifice spirituel, je ne serai pas déçu.

Enfin, je vous remercie tous pour ce beau berceau d’amour et de charité que vous avez su m’offrir.

Sophie

Je m’appelle Sophie, j’ai 57 ans et je travaille en tant qu’artiste peintre, j’expose et je donne des cours artistiques. Je travaille également pour le diocèse de Saint-Brieuc.J’ai été attirée vers l’Eglise par un désir d’y rencontrer le Christ, de prier en communauté, d’y recevoir la communion. J’avais également beaucoup de demandes dans mes prières pour ma vie personnelle et ma famille. Ensuite, avec le temps, mes prières se sont élargies et elles continuent de s’approfondir.

J’ai vite ressenti le besoin de demander à faire ma confirmation après avoir lue des publications sur ce sacrement, et écouter des enseignements de prêtres ou de sœurs consacrées sur internet. Ces enseignements m’ont fortement impressionnée et je désirais vivement recevoir les dons de l’Esprit Saint par le sacrement de la confirmation.

 J’ai été très bien accueillie par la paroisse Saint Sulpice, proche de mon lieu de travail, ou je venais régulièrement pour la messe et les temps d’adoration.

Il ne s’agissait pas de ma paroisse puisque je n’habitais pas le quartier, et je ressentais donc un besoin à ce niveau, celui de faire partie d’une communauté, ce que j’ai pu réaliser dans mon nouveau lieu de vie.

J’ai quitté Paris juste après ma confirmation, et le hasard a même fait que la date de la signature de la vente de mon appartement, et donc de mon déménagement vers la campagne, a été fixée le lendemain pile de ma confirmation, en 2021 !

Je réalisais par ce départ un vœu qui datait de mon enfance. Quitter la ville et vivre plus proche de la nature.

Je ne l’ai pas regretté.

 Arrivée chez moi en Bretagne, j’ai été facilement accueillie en tant que bénévole pour aider à la tenue du catéchisme. Maintenant je travaille à mi-temps pour le diocèse de saint Brieuc en tant que coordinatrice du catéchisme, ce qui m’apporte beaucoup de joie. Je ne l’aurais pas imaginé quelques années plus tôt !

Je souhaite maintenant me rapprocher d’une communauté, comme celle de l’Emmanuel, qui propose des formations spirituelles, comme le parcours Effusion de l’Esprit Saint. Je l’ai suivi cet été à Paray-le-Monial, et nous commençons à le mettre en place sur ma paroisse. Je suis persuadée de l’importance de ses initiatives pour laisser à Dieu la place d’agir dans nos cœurs et faire de nous des missionnaires à son service.

Lorsque nous recevons le baptême et la confirmation, Dieu agit dans notre vie dès le temps de préparation et de façon continue si nous lui restons fidèles.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont accompagnée sur ce chemin de conversion. Que Dieu les bénisse.