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La vie blessée

La vie blessée

Les textes de la première semaine présentaient le don de la vie dans sa dimension de plénitude : une vie de relations (avec la nature, avec les autres, en nous-mêmes et avec Dieu), qui prend son sens dans le projet de bonheur et de salut que Dieu lui a donné dès la création.

Cette semaine, les textes nous permettent d’approfondir les blessures de la vie, marquée par l’expérience du mal et du péché… avec cette question lancinante qui traverse toutes les générations : “Si Dieu est bon et qu’il a créé l’homme bon, comment peut-il laisser faire le mal ?

Pour donner quelques éléments de réponse, Tertullien et saint Augustin partagent deux convictions qui aident à cerner le problème du mal :

  • la création, qui est un don de Dieu, est d’abord bonne. Le mal vient après, dans un second temps ; il n’est pas une réalité existant en elle-même, mais une privation du bien.
  • Dieu, justement parce qu’il est bon, n’a pas pu concevoir de créer l’humanité autrement que libre, avec cette liberté complète qui

comporte aussi la possibilité de ne pas choisir le bien et de faire le mal.

Si Dieu était intervenu pour brider la liberté de l’homme, l’homme serait-il vraiment à l’image et à la ressemblance de Dieu ? Non, dit Tertullien, Dieu voulait l’homme à la fois bon et libre. Mais puisque cette liberté de faire le bien n’est pas originelle en l’homme (contrairement à ce qui se passe pour Dieu qui est la Bonté même), qu’elle est un don que l’homme doit acquérir, Dieu lui a donné une loi pour l’aider à discerner le bien, à le choisir et à apprendre ainsi à exercer sa liberté en choisissant d’obéir à la loi.

Ainsi Dieu a bien créé l’homme pour la vie, mais c’est l’homme qui s’est attiré la mort en ne choisissant pas le bien.

Saint Augustin, dans les Confessions, revient sur la manière dont la question de l’origine du mal l’a travaillé en profondeur pendant les années qui ont précédé sa conversion… d’autant que même si on admet l’existence du démon, l’origine de la volonté mauvaise qui a entraîné le démon reste tout aussi mystérieuse. 

Augustin affirme, lui aussi, que le mal ne doit pas être considéré en premier comme une substance existant en soi, mais plutôt comme la négation du bien ; il en est de même pour le péché qui est la perversion d’une volonté qui se détourne de Dieu, rejette le bien et s’enfle d’orgueil.

C’est vraiment l’expérience de la communion au Christ qui a permis à Augustin de sortir de cette impression de prégnance du mal : l’humilité du Christ venu dans la chair ne répond pas au “pourquoi ?” du mal, mais apporte une vraie réponse existentielle à l’expérience du mal : en partageant notre vie jusqu’à la mort et en ressuscitant, le Christ a porté nos vies marquées par cette expérience du mal et de la mort, pour nous en sauver.

Voici quelques questions pour nous aider à approfondir ce thème :

  • le mal peut-il être pensé uniquement comme une privation du bien ? Quel est l’intérêt d’une telle approche ?
  • sommes-nous vraiment libres de faire le bien et de renoncer au mal ?
  • avons-nous déjà expérimenté que choisir le bien, c’est choisir la vie ?
  • comment le scandale du mal peut-il renfor-cer la foi, plutôt que de l’anéantir ?
  • ne pas pouvoir répondre au problème de l’existence du mal est-ce un handicap pour ma foi ?

 

Henri de La Hougue

Jésus et la Samaritaine, Pierre Mignard (Ecole de France),  1690, Louvre, Département des peintures, INV 6636 ; MR 2174