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La vérité comme « bien commun »

La vérité comme « bien commun »

Comment savoir ce qui est vrai ? À l’heure de l’IA, où la génération d’une image, d’une musique, d’un livre ou d’une vidéo à partir de simples suggestions ne prend que quelques minutes ; à l’heure des réseaux sociaux et de la politique spectacle où les « fake-news » sont monnaies courantes, comment savoir ce qui est vrai ?

La compréhension de la vérité a toujours été complexe car la vérité peut être vue sous différentes formes comme en témoigne la quête de la vérité qui a toujours habité la recherche philosophique de l’antiquité jusqu’à nos jours.

Or, ce qui me semble extrêmement difficile aujourd’hui pour les jeunes c’est que la vérité est devenue tellement complexe à saisir que le monde en devient angoissant. Certains ont renoncé à chercher la vérité. Pour d’autres, elle se limite le plus souvent à « ce qui me touche » ou à « ce qui me conforte »… Mais si la vérité est dépendante de l’affectivité, comment alors donner un sens à sa vie et à ses actions dans la durée ?

Pour les chrétiens, la vérité, c’est le Christ : une vérité que l’on ne peut pas saisir et qui nous dépasse, mais que l’on peut suivre comme disciple. La vie de foi, vécue en Église, nous donne alors des repères pour avancer dans un monde complexe. Et si beaucoup de jeunes adultes en quête de vérité se tournent vers l’Église, c’est bien parce qu’ils y trouvent un repère stable qui donne sens à leur vie.

Mais, je trouve intéressant que le pape Léon XIV dans son encyclique sur l’intelligence artificielle, “Magnifica Humanitas”, qui ne s’adresse pas qu’à des chrétiens, définisse la vérité comme un « bien commun » : « seule la recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun, peut fonder une communication juste » (n°132). « La recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, elle est elle-même un instrument de participation au bien commun » (n°134).

Le pape invite ceux qui ont la maîtrise des technologies à entrer dans une recherche partagée de la vérité pour ne pas imposer « leur vérité » à des fins de dominations intéressées, mais à faire de leurs technologies un moyen de progression pour toute l’humanité.

Plus largement, cette notion de vérité comme bien commun ne devrait-elle pas inspirer nos candidats à l’élection présidentielle, non seulement dans leur programme, mais aussi dans leurs interventions régulières qui me semblent aujourd’hui chercher davantage à jouer sur les émotions qu’à promouvoir la vérité comme bien commun ?

Henri de La Hougue