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Les angles morts de la vie spirituelle

Les angles morts de la vie spirituelle

Homélie sur les lectures du 4ème dimanche de  l’année B

L’expérience du péché marque notre vie

Même si nous désirons être proche de Dieu et faire le bien, le péché est une réalité que nous pouvons malheureusement tous expérimenter dans notre propre vie, puisque comme dit Saint Paul, « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas » (Rm7,19).

Il y a en fait une tension entre le bien que nous voulons faire, et notre difficulté à le faire. Cette tension nous invite à nous tourner vers le Christ pour lui demander la force de son Esprit. Mais parfois, il arrive que nous abandonnions, que nous nous enfermions dans ce refus de Dieu. C’est ce qui arrive au peuple d’Israël dans les textes que nous entendons aujourd’hui.

L’enfermement du peuple d’Israël

La première lecture nous rappelle que Dieu a beau s’être manifesté au peuple d’Israël, avoir permis l’érection du royaume et d’un temple, le peuple s’est détourné de Dieu. Plus grave encore, les structures religieuses deviennent inféodées au pouvoir des chefs religieux et politiques. Les prophètes ont beau inviter ceux-ci à revenir à l’essentiel : la conversion du cœur plutôt que les sacrifices extérieurs, l’attention aux plus pauvres, la lutte contre les injustices… rien n’y fait.

Il faut attendre une situation de détresse extrême, la destruction du temple, la déportation à Babylone pendant 70 ans pour qu’enfin il y ait une prise de conscience d’un véritable éloignement de Dieu.

Ce même refus se manifeste autour du Christ : ceux qui étaient les plus préparés à accueillir le Messie, qui connaissaient le mieux les écritures : les chefs des prêtres et les scribes, ceux qui étaient les plus militants pour une observance stricte de la loi, les chefs des pharisiens… sont ceux qui ont poussé la foulé à ne pas reconnaître la nouveauté et le salut apporté par le Christ. Enfermés sur leur propre conception, ils ont préféré les ténèbres à la lumière nous dit Jean et ils ont choisi de condamner Jésus.

La fidélité de Dieu

Mais par contraste à cet enferment, apparait la fidélité de Dieu qui n’abandonne pas son peuple et qui fait surgir une solution de salut :

  • Lorsque le peuple d’Israël s’était révolté contre Dieu au désert, s’enfermant dans le péché jusqu’à une situation invivable, symbolisé par les morsures des serpents vénéneux du désert, il s’est tourné vers Moïse et Dieu a demandé à Moïse de sculpter un serpent de bronze sur un mât, afin que ceux qui étaient mordus par des serpents puissent le regarder et avoir la vie sauve.
  • Lorsque le peuple est exilé à Babylone, sans aucun espoir de retour, avec le temple anéanti et qu’enfin il crie vers Dieu en reconnaissant ses péchés, Dieu suscite dans le cœur d’un roi païen, le perse Cyrus, la conviction qu’il doit permettre à chaque peuple d’adorer ses propres dieux et donc le pousse à favoriser le retour des Israéliens à Jérusalem et la reconstruction du temple.
  • Lorsque les chefs du temple et les scribes rejettent jésus et décident de le mettre à mort, Dieu choisit de ne pas le retirer, mais au contraire de faire de la croix le signe du salut, un nouveau serpent de bronze vers lequel tous ceux qui seront touchés par le péché et enfermés dans le péché pourront se tourner pour recevoir le salut.
  • « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. »

Repérer les angles morts de notre vie spirituelle

Alors l’invitation qui nous est faite aujourd’hui, à la mi-carême, c’est d’abord d’essayer de repérer nos éventuels enfermements, nos angles morts de la vie spirituelle, les lieux où nous n’avons pas trop envie de faire la lumière. Il y en a dans toutes nos vies, pas nécessairement très grands ou très graves, mais plus nous approfondissons notre relation à Dieu, plus ils nous empêchent de donner pleinement tout ce que nous avons à donner :

  • comme le jeune homme riche de l’évangile qui a cherché à faire le bien toute sa vie… pourtant là où il en est arrivé, il n’est pas heureux car il lui manque de se détacher de son argent ;
  • comme Marthe, l’amie hyperactive de Jésus qui se donne à fond pour organiser sa venue dans la maison familiale… mais à qui il manque encore de prendre le temps de se poser avec le Christ pour écouter sa parole ;
  • comme Nicodème qui a étudié toute sa vie la Parole de Dieu, qui pense être devenu un maître en Israël… et qui doit apprendre à se renouveler et à renaître de nouveau ;
  • comme Pierre qui a décidé de suivre le Christ jusqu’au bout… et qui doit accepter ses propres reniement pour se laisser pardonner et aimer en profondeur.

C’est le Christ notre “serpent de bronze” qui peut nous en libérer

Parfois ces blocages paralysent nos relations familiales ou professionnelles, mais souvent ils sont plus subtils. Dans tous les cas il est difficile, voire impossible d’y remédier par nos propres forces : nous avons besoin de la force du Christ pour y parvenir. Et lorsque nous n’y parvenons pas bien dans cette vie, si nous nous reposons sur le Christ, lui qui est ressuscité nous donnera ce bonheur de l’épanouissement dans la vie éternelle. Car, comme dit Saint Paul dans la 2ème lecture, Dieu veut montrer aux âges futurs – c’est nous – la richesse surabondante de sa grâce qu’il nous a donné, par sa bonté, dans le Christ Jésus marque notre vie.