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Cinq attitudes devant le Christ

Cinq attitudes devant le Christ

(Homélie du 3ème dimanche de Pâques)

La situation des disciples dans cet épisode que nous venons d’entendre est difficilement transposable à nos vies présentes car il s’agit d’un moment tout particulier où le Christ ressuscité se manifeste…avant de disparaitre définitivement à la vue des apôtres.

Néanmoins, je trouve que les différentes attitudes des apôtres face au Christ ressuscité peuvent nous éclairer sur notre manière d’accueillir le Christ dans notre vie.

Eux aussi sont désormais dans le régime de la foi, puisque le Christ n’est plus visible à leurs yeux de manière permanente : ils doivent croire que celui qui leur apparaît est bien le Christ ressuscité, qu’il est Dieu… et surtout ils doivent en tirer les conséquences pour leur vie future.

Il me semble qu’en rédigeant son évangile, Luc ne cherche pas seulement à décrire les apparitions telles qu’elles lui ont été racontées par les témoins oculaires, mais à nous aider à nous positionner vis-à-vis du Christ ressuscité. Comment repérer quand le Christ est présent dans notre vie ? Comment réagissons-nous lorsque nous prenons conscience que le Christ est vraiment agissant dans notre vie ?

 J’ai repéré dans cet évangile 5 attitudes de foi de la part des apôtres, qui peuvent nous éclairer :

La relecture de notre vie avec le Christ

1ère attitude : La relecture : pour réfléchir sur notre foi, il est important de relire notre vie à la lumière de la foi. Les disciples d’Emmaüs racontent aux Onze et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Il est important pour notre vie de foi, de prendre régulièrement le temps de relire notre vie en nous demandant à quel moment le Christ a été présent, à quel moment nous avons compris qu’il marchait à nos côtés, à quel moment nous l’avons particulièrement reconnu. Cette relecture est une démarche fondamentale pour alimenter notre foi. Il est recommandé de la faire chaque soir avant la prière du soir, mais aussi lorsque nous prenons un temps de retraite spirituelle, lorsque nous nous arrêtons pour faire le point sur notre vie avec Dieu.

La crainte devant Dieu

2ème attitude : La crainte. Lorsque Jésus se manifeste ils sont saisis de frayeur. Leur foi est encore fragile ils ne le reconnaissent pas vraiment. Un peu comme dans l’évangile d’hier, lorsque les apôtres étaient dans la barque et que Jésus s’approche d’eux en marchant sur l’eau, alors qu’il venait de multiplier les pains devant eux : saisis de frayeur, ils en ont oublié que Jésus était la vraie source de vie et qu’ils n’avaient rien à craindre.  Pour nous aujourd’hui, cette crainte peut être liée à différentes choses :

·      Cette crainte peut être une peur de ne pas bien comprendre ce qui est en train de se passer, comme Marie lors de l’apparition de l’ange.

·      Cette crainte peut être une incompréhension de ce qui nous arrive : jusqu’à présent je m’étais construit ma vie sans Dieu ou bien ne lui laissant qu’une toute petite place, et voilà que je me mets à croire vraiment en Dieu… ma façon de voir la vie est en train de changer et j’ai peur des conséquences. Quand j’étais au séminaire, quelques confrères m’ont raconté comment, la première fois qu’ils avaient entendu l’appel, ils avaient commencé par faire taire cette voix intérieure, car ils ne voulaient pas changer leur projet de vie.

·      Cette crainte peut être aussi liée à la reconnaissance de notre péché et la peur de notre indignité face au Christ, comme Pierre après la pêche miraculeuse : « arrière de moi car je suis pécheur »…

“Joyeux, mais n’osant pas encore totalement y croire”

3ème attitude : « Joyeux, mais n’osant pas encore y croire totalement, saisis d’étonnement ». Il y a un premier accueil de la foi, une joie qui s’installe. Et pourtant il y a encore des résistances, un combat intérieur pour laisser complètement la place au Christ. On sent que ça fait du bien, que ça donne sens à notre vie, mais on n’est pas encore décidé à franchir complètement le pas de la foi, à dire « oui » totalement. Néanmoins on reçoit les événements avec un a priori favorable. On est saisi d’étonnement devant nos changements dans la manière de comprendre le monde et les personnes qui nous entourent. On a pris du recul par rapport aux événements qui apparaissent avec davantage de relief.

Nous laisser guider par le Christ dans les Ecritures

4ème attitude : Acceptant de croire et de dire « oui » à Dieu, nous laissons le Christ ouvrir nos cœurs à la compréhension des Écritures. Puisque nous accueillons la foi, le Christ nous montre progressivement comment notre vie devient cohérente à la lumière de cette foi, il nous montre comment la Bible est une parole vivante pour notre vie et notre monde. Lorsque nous lisons la bible et que nous fermons les yeux pour la laisser résonner, c’est le Christ qui est là et qui nous parle. Nous comprenons aussi progressivement le sens de la passion et de la mort du Christ : la croix qui n’était qu’une décoration de nos églises ou du mur de nos grands-parents devient le signe de l’amour du Christ pour notre vie, de son pardon et de sa miséricorde.

Etre témoins du Christ vivant

5ème attitude : Nous en sommes témoins. Ce que nous avons compris et les conséquences sur notre vie sont trop importantes pour que nous ne puissions pas ne pas en vivre et en rendre compte, soit implicitement, soit explicitement. C’est notre manière de dire « que ton règne vienne ! »