02 Oct « CE QUI EST LÉGAL N’EST PAS NÉCESSAIREMENT MORAL »
Cette phrase du pape, prononcée à Lourdes devant les malades, prend acte d’une législation française qui n’est plus, dans de nombreux domaines, en accord avec la morale chrétienne. Le pape n’a pas hésité à dénoncer, dans son discours aux malades à Lourdes, les dérives de la loi sur la fin de vie :
“Je sais que pour certains d’entre vous, en raison de pathologies particulières et de douleurs parfois terribles, l’horizon peut apparaître sombre, incertain, sans issue. Mais aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité. Au contraire, c’est au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que la tentation de donner la mort, sous couvert de fausse compassion, doit être fermement rejetée. Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral.”
Plus largement, le pape a rappelé, dans son discours à l’Élysée, l’importance d’un discernement moral à tous les niveaux pour sortir de l’illusion que la science et la technologie vont apporter des solutions rapides aux souffrances de l’humanité :
« Je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. Il existe de nos jours la tentation d’attendre de la science une solution et une consolation à toutes nos souffrances. Le risque est souvent de tomber dans l’illusion. Lorsque la science et la technologie ne sont pas éclairées par la conscience, elles peuvent proposer des solutions immédiates qui semblent répondre aux désirs et aux douleurs des hommes et des femmes, mais qui en réalité peuvent gravement les détourner du bien auquel ils aspirent profondément ».
Le pape a souligné la grande tradition française de réflexion philosophique qui a abouti à la déclaration des droits de l’homme et il a invité d’autant plus les responsables politiques à ne pas oublier cette attention à la dignité humaine qui a tellement marqué l’histoire de la pensée française.
Aujourd’hui, nous faisons ce que nous pouvons, comme chrétiens, pour nous opposer aux lois qui ne sont pas compatibles avec la dignité des êtres humains. Mais dans une société où les chrétiens sont devenus minoritaires, nous n’y parvenons pas toujours. Si bien que nous aurons de plus en plus à nous positionner comme chrétien dans nos choix éthiques : avortement, euthanasie, recherche sur les embryons… Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral.
La question est aussi posée dans bien d’autres domaines comme par exemple la financiarisation à outrance de l’économie, l’attention à préserver notre planète, l’attention aux plus pauvres, l’usage de l’Intelligence Artificielle ou des réseaux sociaux… Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral.
De plus en plus, nous aurons besoin de former et d’exercer notre discernement moral pour poser des choix libres, en suivant notre conscience, pour nous comporter en chrétien dans une société qui n’en portera plus les valeurs. Ce sera notre fierté et notre joie.
Henri de La Hougue