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Ne craignez pas : l’appel à la miséricorde et au pardon

Ne craignez pas : l’appel à la miséricorde et au pardon

Chers frères et soeurs,
Vous vous en souvenez peut être Dimanche dernier Jésus voyant une foule venir à lui et la voyant désemparé décidait d’envoyer les apôtres vers le peuple qui s’était éloigné. En chaque messe nous avons cette même compassion puisque nous prions pour que le Père ‘ramène à lui tous ses enfants dispersés’.
Donc déjà à l’époque, Jésus souffrait que tant de personnes se soient éloignés et c’est pourquoi il envoie les apôtres les rechercher. Nous faisions Dimanche dernier une comparaison en prenant comme image de Gaule qui en 1940 lance son appel le 18 juin et envoie ses plus proches collaborateurs réunir ceux qui veulent poursuivre le combat. Ici le Christ envoie ses disciples comme des brebis au milieu des loups pour annoncer que le Royaume des cieux est tout proche, c’est à dire que le Messie est là, et en effet Jésus est là, et il appelle tous ceux qui le veulent à mettre en place le royaume des cieux, celui ou règne l’amour et qui conquerra l’humanité grâce aux armes de la miséricorde du pardon.
Cette mise en place du Royaume va se heurter, et se heurte encore, à tous ceux qui pensent pouvoir se passer des autres, de leurs vies, et plus encore de leur amour. Cette mise en place se heurte à ceux qui pensent que le pardon n’est pas nécessaire ou bien non efficace.
Les mots d’encouragement que dit ici Jésus à ses apôtres sont ceux qu’il nous dit à nous quand notre coeur nous pousse à aimer, et à lutter contre la haine. Cela est le cas par exemple dans les couples, quand la discussion se fait plus difficile, toujours actuel dans les familles quand le matériel prend le dessus notamment lors des héritages, toujours d’actuel entre amis quand des blessures sont advenus, en un mot toujours d’actualité là où nous oublions que tous nous sommes faits pour vivre éternellement ensemble.
Alors à ceux que Jésus envoie, il dit qu’une seule chose: ne craignez pas! ne craignez pas d’ouvrir grandes les portes de la miséricorde et du pardon! ne craignez pas de dire que le combat de l’amour n’est pas fini et qu’il l’emportera! C’est ce que disait le Pape Jean-Paul II au début de son pontificat, et c’est ce que Jésus aujourd’hui dit à chacun de nous, et ce sans exception. Ne craignez pas car en offrant la miséricorde et le pardon vous êtes une offrande agréable à Dieu le Père.
Jésus le dit de façon imagée pour ne pas nous obliger: si nous voulons comprendre nous avançons, si nous ne voulons pas comprendre nous ne sommes pas stigmatisés. Ainsi Jésus dit: si vous offrez cette miséricorde et ce pardon vous valez plus que les moineaux du Ciel, c’est à dire la plus petite offrande qui pouvait être faite à Dieu au Temple de Jérusalem.
Il nous le dit encore: si vous offrez et annoncez la miséricorde et le pardon vous êtes comme les Nazirs, ces personnes admirables qui faisaient un voeux de vie de pureté extrême pendant un temps et qui ne se coupaient les cheveux qu’à la fin du voeux pour offrir tous leurs cheveux au Seigneur à Jérusalem au Temple. Jésus nous dit: Vos cheveux sont comptés, ils ont autant de poids que ceux qui faisaient le voeux de Nazir.
Le gage que nous avons pour croire en la parole de Jésus, c’est sa vie présente reçue dans l’eucharistie, c’est cette paix qu’Il répand en nous au baptême, c’est ce discernement qu’Il donne en nous envoyant l’Esprit Saint qui vit dans l’esprit des confirmés.
Alors bien sûr, je ne m’arrêter pas sur ce point aujourd’hui, mais tout cela se vit dans la
vérité: rien de ce qui est dit à l’oreille ne doit être caché. Le pardon ce n’est pas dire ce n’est pas grave ou on fait comme si il n’y avait pas de difficulté ou d’agression, non c’est savoir dire que ce qui est mal est mal et apporter ensuite la guérison à ce qui est saint. Les différents scandales qui sont en tête des manchettes aujourd’hui m’invite à le préciser sans ambages et c’est Jésus Lui même qui le dit ici.
Cet évangile rejoint naturellement chacun de nous, et il nous invite aussi à prendre le temps de discerner sur un point délicat sur lequel le malin vient semer le trouble dans nos esprit, si bien, que pour éviter d’y penser, un grand nombre de personnes sont prêtes à se jeter dans  le vide, comme des personnes qui ont le vertige et qui un jour se jettent par dessus la balustrade pour faire partir cette peur qu’elles ne savent pas maitriser.
Ce dont je veux parler c’est de l’euthanasie. L’euthanasie à trait à la mort. Cela nous
concerne tous. Tous nous sommes appelés à quitter un jour notre état d’être mortel sur terre pour prendre cet état d’être spirituel et éternel: un autre état corporel modelés non plus dans du limon de terre, comme Adam, mais dans un limon spirituel comme le dit saint Paul.
Il y a un moment où nous avons à passer d’un état à un autre, notre âme ne changera pas, ci qui changera c’est la forme qu’elle aura pour s’exprimer.
La question qui se posera à chacun de nous, sera de savoir quand accepterons-nous,
quand penserons-nous être prêts, à faire ce passage? Le projet de loi d’aujourd’hui nous dit que ce ne sera pas forcément à nous d’en décider, et cela n’est pas acceptable.
En effet, dans le cas le plus normal, quand notre corps mortel est à bout de force, nous sommes comme poussé à partir. Cela se fait naturellement. Nous pouvons tout au plus penser, et je le crois, que Dieu nous invite au passage au moment favorable.
Mais dans un cas plus complexe, la question se pose de savoir que donner à notre corps vieillissant avant ce passage? C’est à chacun de nous de discerner comment notre âme se prépare. C’est bien à nous de choisir que faire, et pour cela il convient que nous soyons intellectuellement, psychologiquement et économiquement libres, c’est sur ce point que les services de soins doivent agir afin que chacun sache discerner en liberté. Soyons très clair: Dieu nous veut libre. C’est donc à nous seul de décider si on continue des soins.
La loi qui discute de cette liberté de choix tombe sur deux écueils. Le premier c’est qu’elle dit que ce sont des règles qui décideront et non pas nous! Je vous pose la question: De quel droit peut on dire que ce n’est pas à nous de choisir? Cela, et je le dis aussi bien pour arrêter que pour prolonger la vie, c’est au patient de dire on arrête ou on continue le traitement, car lui seul connait l’état de son âme.
Le deuxième écueil c’est que cette loi s’immisce dans la relation de notre corps à notre âme. Ainsi quand une personne n’est pas en mesure d’exprimer son choix, la loi se donne le droit d’agir, par euthanasie, sans laisser au malade le choix intérieur du moment de la séparation définitive de l’âme et du corps charnel. Mais là encore de quel droit? Car en vérité, notre âme a une capacité d’agir sur notre corps avec une puissance qui est beaucoup plus forte que nous le pensons, même quand extérieurement nous sommes inconscients. Il suffit d’avoir assister quelques personnes jusqu’à à leur dernier souffle, pour savoir que se joue là un mystère de l’intériorité de l’être, qui est de l’ordre du divin, ou si vous préférez de la finalité de l’être, et que l’âme est loin d’être passive. Que quelqu’un d’externe agisse alors dans ce moment là, est de l’ordre de la prise de possession de la volonté ultime de la personne, ce n’est pas acceptable.
Plus encore qu’une loi oblige un tiers à poser un tel acte de dépossession de la liberté de l’âme sur le corps, est inacceptable.
Alors face à ces deux écueils qui font qu’il est mauvais de légaliser l’euthanasie, on objecte la souffrance. Mais la souffrance est là pour nous guider intérieurement, elle n’est pas un paramètre qu’extérieurement nous pourrions apprécier mieux que le malade. Vous le savez du reste, pour savoir quelle est la souffrance qui existe chez quelqu’un la seule façon de faire c’est de demander au malade le degré de souffrance qu’il ressent: c’est bien un élément personnel que la souffrance. Ainsi que l’on traite la cause de la souffrance c’est bien, que l’on en réduise la perception pourquoi pas? Le risque de ce soulagement c’est que l’on risque de se retrouver avec un malade qui ne connait plus l’état de son propre corps, et qu’il ne soit plus alors en mesure de décider quand lâcher prise, quand mettre en oeuvre intérieurement une procédure de passage de la mort à la vie charnelle pour passer à une vie spirituelle. C’est une vrai question que le traitement de la souffrance qui justifie pleinement la mise en place soins palliatifs, soins qui accompagnent chacun à faire ce choix intérieur. Vous le comprenez donc la souffrance ne justifie pas l’euthanasie.
Seul le choix intérieur fait, en conscience est acceptable, et soyons en sûr, toute personne a la force intérieur de partir au moment favorable. Instaurer une loi sur l’euthanasie c’est mettre fin à la valeur de la personne humaine, c’est prendre sa liberté intérieure.
Vous le comprenez alors pourquoi il n’est pas possible d’être pour le suicide assisté,
puisqu’ici une personne qui demande à quelqu’un d’autre de lui faire passer une étape de vie intérieure, nous dit qu’elle n’est pas prête à le vivre sereinement intérieurement, et donc que sa liberté n’est pas pleine. La réponse à donner alors à ces situations de
détresse ,c’est de l’aider à retrouver cette liberté intérieure. Inversement c’est un scandale de profiter de sa faiblesse pour prendre le dessus sur elle.
Cher frères et soeurs ce sujet est simple car Dieu est simple, même si le coeur de l’homme est compliqué.
Mais comme tout ce qui est simple, il y a besoin de prendre le temps de travailler la
question.
La volonté de passage en force de cette loi, dit la volonté de se jeter dans quelque chose qui fait peur et qui par peur veut rejeter notre vie dans les abîmes de la mort, cette empressement signe l’absence de sérénité et donc de profondeur de ce projet de loi.
Prenez le temps, vous, chers frères et soeurs de parler de cela en famille pour pouvoir dire votre choix raisonné. Soyez des ouvriers de l’évangile, des brebis au milieu des loups, qui n’ont rien à craindre car c’est Jésus qui vous envoie c’est lui qui témoignera pour vous devant le Père.
Amen!