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Fête de tous les saints

Fête de tous les saints

Étonnamment, alors que la dévotion pour les saints semblait il y a quelques années concerner quelques rares personnes éprises de spiritualité ou bien être cantonnée à quelques saints populaires dont les statues ornent nos églises, elle a retrouvé ces dernières années une nouvelle jeunesse.

La veillée au stade de France avec le pape, le mois dernier, en a été un bel exemple : elle a été construite autour des saints qui ont marqué notre histoire, en France, accompagnée par la procession de leurs reliques et elle a surtout établi un lien quasi évident entre leur combat pour la sainteté et le nôtre aujourd’hui.

Grâce à la fantastique scénarisation de cette veillée, les saints fondateurs de la région parisienne (Geneviève, Denis), les martyrs de Lyon (Blandine, Irénée…), les saints évangélisateurs de nos régions de France (Martin de Tour, Brieuc…), les saints de la charité (Vincent de Paul, Louise de Marillac, Frédéric Ozanam, Pauline Jaricot…), les saints et saintes qui ont fait grandir de nombreuses dévotions (Catherine Labouré, Bernadette Soubirous, François de Sales, Jean Eudes, Jean-Baptiste de La Salle, Marguerite-Marie Alacoque, Thérèse de l’Enfant Jésus…) et tous les saints plus récents (Marcel Callo, Charles de Foucauld, les martyrs de l’Apostolat pendant la 2de guerre mondiale…) ont semblé nous rejoindre dans les défis actuels de notre vie chrétienne.

Être témoin du Christ nécessite une force et une liberté qui donnent « sagesse à nos projets et beauté aux désirs que nous portons dans le cœur », rappelait le pape dans son homélie.

L’exemple et le soutien spirituel apportés par tous les saints est une vraie ressource. La sainteté est exigeante, elle est un combat de l’amour qui se donne ; elle exige d’éviter les pièges de l’orgueil et de la vanité pour tendre vers « la justice, la piété, la foi, la charité, la patience et la douceur ». Mais la sainteté n’est pas plus difficile aujourd’hui qu’elle ne l’était pour ces saints qui ont marqué notre histoire : ils ont simplement essayé de vivre avec le Christ les rencontres et les événements qui ont marqué leur vie. Si c’était possible pour eux, ça l’est pour nous aujourd’hui.

Il y a deux semaines, dans la chapelle Saint-Joseph des Carmes, Mgr Ulrich a présidé une messe pour le centenaire de la béatification des “192 martyrs de la Révolution française”. Dans son homélie, il soulignait que la plupart des saints ont vécu dans des contextes extrêmement difficiles. Beaucoup de nos saints ont témoigné de leur foi et de leur charité jusqu’au martyre dans un monde souvent confus.

La vie dans notre société française est assez anxiogène, la crise sociale semble permanente, la dette du pays insurmontable, les tensions commerciales et militaires avec les autres pays entraînent des soubresauts économiques difficiles à contrôler, l’arrivée de l’IA va modifier nos manières de fonctionner et de travailler… Or c’est justement dans ces temps difficiles que les saints émergent, car ils ont avec eux la force de la communion avec le Christ et avec l’ensemble des saints. C’est ici et maintenant que le Seigneur attend que nous devenions des saints.

En fêtant la Toussaint, nous honorons ceux qui sont parvenus à la sainteté, mais nous réaffirmons aussi qu’il est possible, à notre tour, d’être des saints, et que leur soutien spirituel va nous y aider.

Henri de La Hougue

 © Étienne Castelein / Diocèse de Paris.