Bioéthique : la Bible peut-elle nous éclairer ?

Bioéthique : la Bible peut-elle nous éclairer ?

La Bible peut-elle nous aider dans le discernement de ces choix souvent complexes et éclairer nos consciences sur ces domaines très pointus de la recherche actuelle qu’on ne pouvait même pas imaginer à l’époque de Jésus ? Nous ne pourrons pas y trouver des réponses directes parce que la plupart des questions de bioéthique actuelles ne se posaient pas à l’époque biblique, mais y repérer quelques « constantes » qui peuvent nous donner un peu de recul.
Une de ces constantes est l’invitation à confier à Dieu nos désirs de fécondité, plutôt que de vouloir les traiter par nous-mêmes et trop rapidement. Quelle place laissons-nous à Dieu dans le désir de fécondité ?


Dans la Genèse, le fait d’avoir des enfants est vu comme une coopération au projet de Dieu, ce qu’exprime Eve quand elle enfante Caïn « J’ai procréé un homme avec le Seigneur » (Gn 4, 1). L’homme et la femme, créés à l’image de Dieu, sont appelés à être féconds, prolifiques et et à remplir la terre (Gn 1, 28). Ils transmettent non seulement la vie biologique, mais ils transmettent l’image de Dieu (Gn 5, 1-3). Ensuite ils mettent en œuvre la promesse faite
à Abraham (Gn 12, 2-3) : « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai … en toi seront bénies toutes les familles de la terre ».
La vie est donc d’abord vue comme un don de Dieu et la transmission de la vie est tout autant l’œuvre de Dieu que celle des géniteurs.
Que se passe-t-il lorsque cette bénédiction est mise à mal par la réalité dramatique que rencontrent de nombreux couples : la difficulté à avoir des enfants ou l’infertilité du couple ?


La Bible ne donne pas d’explication au problème du mal et de la souffrance, si ce n’est pour affirmer qu’ils ne viennent pas de Dieu, mais elle invite à faire confiance en Dieu en remettant la question entre ses mains. Car la fécondité du couple c’est aussi l’affaire de Dieu.
Alors qu’Abraham vient d’avoir une vision du Seigneur dans laquelle Dieu lui fait la promesse qu’il aura une descendance (Gn 15), Sara, sa femme, en doute et veut trouver des moyens humains pour hâter la promesse : elle propose à Abraham d’avoir une descendance avec sa servante Hagar (Gn 16, 1-4). Abraham accepte, malgré la promesse, ce qui va engendrer par la suite un énorme conflit qui obligera Hagar à s’enfuir avec son fils Ismaël.
La Bible nous donne en exemple d’autres figures de couples stériles qui ont confié à Dieu leur stérilité et leur désir de fécondité.
C’est le cas de Tobie, qui épouse Sara à la suite de sept hommes qui sont mort juste avant leur nuit de noces ; avant de s’unir à Sara, ils se lèvent tous les deux pour prier Dieu et lui confier leur union, dans une belle prière de louange et d’intercession (Tb 8, 5-8).
C’est aussi le cas d’Anne, la mère de Samuel, qui confie, dans une longue prière et dans les larmes, sa stérilité à Dieu en faisant le vœu que si un garçon naît, elle puisse le consacrer à Dieu (1 S 1-11). Elle voit finalement sa prière exaucée et remercie Dieu dans un magnifique cantique d’action de grâce en évoquant avec confiance la souffrance de toutes les femmes stériles (1S 2, 1-10).


Lorsque l’ange apparaît à Zacharie pour lui dire qu’Élisabeth, sa femme va enfanter, l’ange dit : « Sois sans crainte Zacharie car ta prière a été exaucée » (Lc 1, 13), ce qui montre bien que Zacharie et Elisabeth avaient confié cette stérilité à Dieu, même si, après, Zacharie s’est mis à douter de la capacité de Dieu à l’exaucer.
Ces quelques exemples bibliques ne doivent pas faire passer sous silence la terrible épreuve que constitue pour un couple l’impossibilité d’avoir des enfants, mais ils nous invitent à ne pas hésiter à confier au Seigneur nos désirs de fécondité, avant de vouloir à tout prix les régler par les techniques humainement accessibles, mais sans que le projet soit habité dans la foi.


Père Henri de la Hougue


Mardi 2 février 2021, le sénat a entamé l’examen en 2ème lecture du projet de loi, adopté avec modification par l’Assemblée nationale, relatif à la bioéthique. A cette occasion, il me semble important que chacun d’entre nous puisse en réaliser les enjeux de la réflexion en bioéthique pour mieux nous situer personnellement et collectivement et porter cette intention dans nos prières.


Pour cela, je vous invite à télécharger les fiches très bien faites sur le site de l’église catholique en France :


https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/eglise-et-bioethique/comprendre-les-enjeux/