Carême – Partage

Carême – Partage


Les trois piliers du carême sont le jeûne, la prière et l’aumône. A propos de l’aumône, les possibilités de partage sont nombreuses autour de nous. Tout au long de l’année nous sommes sollicités par des personnes dans le besoin et des situations particulières de détresse. Le partage du carême n’est pas quelque chose à part, mais vient nous en redire l’importance pour notre vie de foi.
Ce partage de nos biens, du point de vue de la foi, nous rappelle plusieurs choses :
Tout ce que nous avons reçu a d’abord été donné. On peut estimer avec justesse que les biens matériels et financiers que nous avons acquis dans notre vie, notamment par notre travail, sont mérités, compte tenu de notre investissement en temps et en moyens dans les entreprises où nous avons travaillé. Mais le carême nous invite d’abord à voir ces biens comme des dons reçus, car à la base nous avons reçu les moyens intellectuels et familiaux pour faire fructifier ces talents.
Tous n’ont pas eu cette chance. Il y a donc dans le partage de nos biens une notion de justice, et une invitation à entrer dans cette logique de la gratuité de celui qui a beaucoup reçu et qui donne gratuitement.
Il y a aussi dans le don une notion de purification du cœur qui nous rend plus disponibles pour entendre les appels du Seigneur et plus libres pour y répondre. C’est ce qu’on appelle dans l’évangile la pauvreté de cœur (Mt 5,3) En principe, les choses que l’on acquiert sont au service de notre bien-être et de celui de nos proches. En réalité, elles sont souvent des biens superflus, auquel on est asservi (parce qu’on désire les posséder) et qui nous centrent sur nous-mêmes au lieu de nous ouvrir vers les autres. Ainsi celui qui possède toutes les technologies de communication aura souvent du mal à ne pas tomber dans les pièges de l’enfermement et ne plus voir les besoins des personnes les plus proches qui cherchent à communiquer avec lui. Le carême vient simplement nous inviter à libérer nos cœurs des biens qui pourraient entraver notre relation avec Dieu et avec ceux qui nous entourent.
Pourquoi soutenir spécialement deux projets alors que les besoins sont partout ? Tout simplement parce qu’un projet de partage, lorsqu’il est porté par une communauté, fédère et unifie cette communauté. C’est l’occasion pour nous de contribuer ensemble à soutenir un projet, chacun selon ses ressources. Cela nous permet aussi de mieux suivre les projets et de nous enrichir des échanges qu’ils suscitent.
Le bureau du conseil pastoral propose donc de soutenir deux projets cette année :
un projet « proche » lié à la pandémie actuelle et à la vie des étudiants qui sont très présents dans notre quartier : nous apporterons notre soutien au « Cellier », une épicerie sociale, solidaire et gratuite pour étudiants située à deux pas de la place de la Nation ;
un projet plus lointain, mais qui touche de près notre paroisse puisqu’il s’agit de contribuer à la restauration de la chapelle du séminaire de Kalonda en RDC, tenu par une équipe de 7 formateurs, dont 4 sulpiciens (3 d’entre eux ont été prêtres étudiants à la paroisse Saint-Sulpice) et où ont été formés les pères Joël et Claude qui sont actuellement prêtre étudiants chez nous. Comme vous le verrez, ils ont bien besoin de notre aide.
Père Henri de la Hougue