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La liberté des enfants de Dieu

La liberté des enfants de Dieu

Le temps de Pâques est le plus important de l’année liturgique : 50 jours pour réaliser la portée de la résurrection du Christ dans notre vie et en vivre le plus pleinement possible. Une des caractéristiques bibliques du salut est la libération : libération de l’esclavage en Égypte qui symbolise plus largement la libération du péché. Saint Paul revient largement sur ce thème dans sa lettre aux Romains où il voit, dans l’accueil du Christ ressuscité, une véritable libération par rapport au péché (Rm 6,18), une libération qui n’est pas la liberté autocentrée de satisfaire tous nos désirs, mais le choix de changer de dépendance : passer d’une dépendance au péché qui conduit à la mort à une dépendance au Christ qui conduit à la vie. 

Cette nouvelle liberté exige donc, elle aussi, un renoncement à tous les possibles que nous offrait une vie sans Dieu, pour choisir librement le Christ et ses exigences, de la même manière que les jeunes couples, qui décident de se marier, font librement le choix de renoncer à leur autonomie de célibataire pour construire dans la durée une vie à deux et pouvoir fonder une famille. C’est la condition d’une vie féconde et durable pour leur couple et leurs futurs enfants.

La vie sur terre sans le Christ est concrètement possible, mais elle ne nous permet pas de progresser vers le bien et vers le bonheur autant que la vie avec le Christ. Si nous devenons, grâce à l’Esprit Saint, enfants de Dieu, nous pouvons d’ores et déjà orienter notre vie terrestre vers sa destinée qui seule nous comblera de bonheur : la vie auprès de Dieu.

Pendant les 40 jours de carême, beaucoup d’entre nous avons accompli des efforts pour progresser dans la foi, l’espérance et la charité, mais après Pâques la vie « normale » a repris son cours avec la fin des efforts de carême.

Profitons donc de la liberté gagnée grâce à nos efforts de carême pour mettre à profit cette liberté et consolider paisiblement avec l’aide de l’Esprit Saint, ce que nous avons pu chercher à construire : une vie de prière, une charité plus inventive, une capacité à relire à plusieurs notre vie chrétienne, une liberté par rapport aux écrans, un plus grand désir de contribuer au royaume de Dieu.

Le temps n’est plus à l’ascèse, aux efforts démesurés, aux contraintes, mais à la joie de profiter de la liberté gagnée pour grandir encore dans sa relation avec Dieu et avec le prochain. Nous sommes un peu dans la situation d’un enfant qui aurait consacré beaucoup d’efforts à apprendre à lire, puis constatant qu’il sait lire, ne se dit pas « maintenant que je sais lire, inutile de faire des efforts, j’arrête de lire », mais se dit au contraire : « maintenant que je sais lire, je vais pouvoir lire tous les livres de la maison ».