21 Nov Le Christ Roi de l’Univers
Nous sommes habitués à laisser nos liturgies être régies par un calendrier liturgique qui combine deux cycles différents :
- un cycle appelé “temporal”, axé sur les grands moments de la vie de Jésus, de la conception à la Pentecôte,
- un cycle appelé “sanctoral”, consacré à la commémoration des principaux saints.
Les deux se combinent grâce à des règles liturgiques de préséance pour permettre à notre vie quotidienne de vivre dès à présent une communion avec le Christ et avec toute l’Église.
La plupart des chrétiens sont spontanément attentifs à repérer, un peu à l’avance, les grandes fêtes de Noël et de Pâques. Le carême devient aussi, et de plus en plus, notamment pour des jeunes adultes désireux de s’engager dans la foi, un moment privilégié pour se convertir et s’engager davantage dans la relation avec Dieu.
En nous ancrant dans la pratique dominicale, nous apprenons à entrer davantage dans le rythme de la liturgie et à découvrir la spécificité des autres temps forts de l’année liturgique : l’Avent, où nous méditons sur la place que nous désirons laisser au Christ dans notre vie ; le temps de Noël et de l’Épiphanie, où nous contemplons cette présence active du Christ venu partager notre humanité ; la semaine sainte qui est la grande semaine de communion spirituelle au Christ qui donne sa vie pour nous et ressuscite d’entre les morts ; le temps de Pâques, où nous approfondissons la manière dont le Christ ressuscité nourrit notre foi chrétienne et la rend vivante grâce à l’Esprit Saint, et même le temps dit “ordinaire” qui rappelle le compagnonnage quotidien avec le Christ.
Au fil des années nous nous laissons imprégner par ces temps liturgiques qui nous deviennent familiers et marquent, consciemment ou non, notre rapport habituel à Dieu.
C’est intéressant de repérer que le cycle liturgique se termine par la fête du “Christ Roi de l’Univers”. Cette fête nous rappelle la finalité de notre vie chrétienne qui n’est pas centrée sur notre bonheur terrestre, mais sur la mise en place du royaume de Dieu. C’est bien le sens des paroles un peu mystérieuses que nous répétons parfois trop machinalement dans le Notre Père: “Que ton règne vienne!”.
Cette fête du “Christ Roi de l’Univers” est comme une proclamation de foi, qui récapitule toute notre année liturgique : après tout ce que nous avons vécu et fêté ensemble, nous reconnaissons que le Christ est notre roi et nous acceptons avec joie qu’il vienne régner dans nos vies et plus largement dans tout l’univers.
En ce sens, cette fête nous invite à faire personnellement allégeance au Christ notre roi, non pas un roi à la manière humaine (un roi qui régirait notre monde selon son bon-vouloir), mais un roi dans lequel nous sommes certains de trouver un secours pour traverser les épreuves de la vie présente, un garant de la fraternité et de la justice universelle, un guide du bonheur partagé… Un roi qui serait aussi notre souverain, celui dont nous reconnaissons la supériorité et la nécessaire dépendance pour avancer dans notre quête de bonheur et de salut.
Comme “Roi de l’Univers”, le Christ nous invite enfin à prendre en compte l’univers qui nous entoure et à nous ouvrir aux dimensions d’universalité qui nous échappent peut-être encore : ouverture à son dessein créateur et rédempteur qui englobe dès le début l’ensemble de l’univers ; ouverture à la richesse des peuples, de leurs cultures et de leurs religions ; ouverture aux enjeux écologiques et à la responsabilité commune de rendre la planète plus habitable pour les générations futures ; ouverture à toutes les recherches médicales et scientifiques qui pourraient contribuer à faire progresser le bien de notre humanité, etc.
À chacun de nous de repérer là où le Seigneur veut nous inviter à “élargir notre tente” (Is 54,2) pour faire en sorte que son règne vienne.
Henri de La Hougue
Le Jugement dernier. Le Christ et les apôtres, attribué à Fra Angelico, XVe siècle, Louvre, département des Peintures, MI 468